12/04/2015

Le temps d'un chemin

Un morceau du chemin de Compostelle avant les élections pour le Municipal de Carouge.


Il y a un temps pour tout, et bien j'ai pris le temps de faire une coupure lors de cette campagne. Ici pas de stress, pas d'email, pas de conflits gauche droite, uniquement l'envie d'effectuer un parcours autrement même si cela ne représentera qu'une infime partie de ce chemin.

J'ai pris un matin le chemin de la frontière du Portugal pour aller vers Santiago avec une amie, il fait frais mais le ciel se dégage comme pour nous dire, voilà c'est pour vous "buen camino", maintenant les kilomètres vont devenir des moments d'échanges et parfois de silence.

Dès le premier jour personne ne vous demande où vous aller mais d'où vous venez, les pèlerins, les commerçants quand vous prenez une boisson et que vous demandez le fameux tampon pour prouver votre passage. Plusieurs nationalités se rencontrent et communiquent avec des bribes de plusieurs langues et tout le monde semble content d'avaler ces kilomètres parfois dans un écrin de verdure et malheureusement de temps en temps dans une zone industrielle.

Avec les jours, sournoisement le respect et une hiérarchie s'installe, je l'avais lu mais c'est intéressant de le vivre. Il y a le pèlerin qui vient de chez lui, celui qui fait le chemin en plusieurs fois, celui qui le fait avec son sac à dos et celui qui fait porter son sac par le taxi d'un point à l'autre. Seul point noir, les vélos qui ne prêtent malheureusement pas toujours attention aux Pèlerins.

Pour nous 115 km pour rejoindre Santiago, avec quelques moments magiques comme cette procession de la Vierge dans les rues de Pontevedra, les bains romains de Caldas de Reis, la voie romaine XIX, la fête de Padron et bien sûr l'arrivée devant la cathédrale de St Jacques de Compostelle. Ici les touristes regardent ces Pèlerins chargés et parfois un peu malmenés par des pieds et un corps endolori.  

Nous voici au bout de notre 5ème jour, nos sacs sont lourds et nos pieds un peu chaud mais c'était une belle démarche. On rentre dans cette cathédrale que l'on voyait depuis 5 kilomètres mais qui se défilait dans les contours des chemins, pour un moment seul avec nos pensées.

Après cela un passage obligé au bureau des Pèlerins pour obtenir la Compostella qui atteste de votre parcours qui aura été d'au moins les 100 derniers kilomètres. Demain pas de chaussures pour le pèlerinage mais une détente au bord de la mer comme pour dire au revoir, mais pas adieu car l'envie de faire plus et pourquoi pas depuis Carouge?

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