01/03/2015

Naissance d'un projet

Je souhaite aujourd'hui présenter un texte d'une amie PLR Carougeoise, Mme Florence Kissling, a qui j'ai demandé de relater l'histoire du PEG. (projet emploi jeune) de Carouge. Car avec les années chacun essaye de faire croire que c'est lui qui était à la naissance du projet. Il est bon de rétablir et de rappeler. 


 

En ce temps-là, j’avais quitté la Ville de Carouge. Après 15 ans au service de cette commune en tant que jardinière, on m’avait offert un poste de responsable des cultures et de la formation des apprentis pour la commune de Meyrin. Une belle promotion, après des dizaines d’heures d’études et l’obtention d’un brevet de contremaître en horticulture.

 

En ce temps-là, je pensais que chaque personne pouvait et devait avoir une  place dans la société. Une place de travail.

 

Je collaborais avec un collègue qui, lui, s’occupait de réinsertion. Des personnes égarées, à remettre sur le chemin du travail, du respect des horaires, des ordres et du travail d’équipe.

 

Mes soirées étaient occupées par la politique carougeoise. Elue, je siégeais au Conseil municipal.

 

Et il me parut évident qu’il manquait à Carouge une structure pour l’insertion des jeunes. On parlait de plus en plus de rupture scolaire. Des adolescents de plus en plus jeunes quittaient l’école pour  errer dans les rues carougeoises, sans grand avenir.

 

Mais comment savoir si le besoin était présent de les aider ou si les cas annoncés étaient marginaux ?

 

Mon collègue, questionné, m’encouragea à rencontrer le travailleur social hors murs qui était sur le terrain carougeois, rencontrant les jeunes en rupture. Il vint à Meyrin et nous avons eu une conversation très intéressante. Le TSHM connaissait des jeunes qui avaient quitté prématurément l’école et qui trainaient la journée. Des parents désespérés car ne sachant plus comment renouer le contact. Des jeunes de plus en plus jeunes. Et ayant de moins en moins de chance de s’insérer dans une société très exigeante. Le mot de la fin fut : oui, il y a un réel besoin à Carouge pour une structure d’insertion, mais l’impulsion doit venir du politique.

 

Ça tombe bien, je fais de la politique.

 

Mais comment faire pour mettre sur pied une telle affaire ?

 

Assise à côté de moi pendant le Conseil municipal, Anne Etienne-Naji me semblais être la bonne personne pour m’aider. Elle fut tout de suite intéressée et enthousiaste à cette idée.

 

Ensemble, nous avons jeté sur papier les premières phrases d’un document qui servirait à demander au Conseil administratif de l’époque d’étudier le besoin et de proposer au Conseil municipal un projet de structure pour aider les jeunes.

 

Je pensais que cette idée pouvait intéresser la plupart des partis politiques présents autour de la table. Pour moi, un jeune qui travaille est un futur adulte responsable. Il peut s’assumer financièrement et se construire en tant que citoyen.

 

La motion, nommée « Insertion professionnelle » rédigée, Anne et moi avons été cherché d’autres femmes, chez les partis de gauche afin qu’elles soutiennent ce projet.

 

Le dépôt de la motion en juin 2002 sera le  début un long chemin tortueux.

 

En effet, lorsqu’une conseillère administrative ne montre aucun intérêt pour un sujet, celui-ci peut trainer durant plusieurs années.

 

Le 27 juin 2002, le conseil municipal prend en considération la motion, et la renvoie en commission sociale. Celle-ci se réuni et auditionne mon collègue de Meyrin, responsable de l’équipe de réinsertion professionnel, et une dame responsable d’un projet semblable à Vernier,. Tous disent à quel point les communautés ont un rôle à jouer dans ce combat.

 

Le 26 juin 2003, la motion revient en plénum, mais le rapport n’est pas prêt et son traitement est renvoyé à la séance suivante, celle du 4 septembre.

 

Entre temps, la commission sociale se réunit encore deux fois, afin de débattre du sujet (30 septembre 2003 et 16 septembre 2004).

 

La motion propose d’ouvrir une ligne budgétaire au budget 2005 pour étudier les besoins des jeunes. La discussion, lors du conseil municipal du 7 octobre 2004, porte sur l’ouverture de cette ligne, mais plutôt dans le budget 2006 car il semble pour la Conseillère administrative en charge du social qu’il n’y ait pas vraiment d’urgence. Je m’énerve et demande à remettre la ligne sur le budget 2005.

 

Pour finir, cette motion est acceptée le 7 octobre 2004 à une majorité du Conseil.

 

Quatre ans se sont déjà passés depuis le dépôt de cette demande et enfin quelque chose va être mis en place.

 

En septembre 2006, enfin ! le « Projet Emploi Jeunes » s’ouvre. Ce sont deux femmes, engagées pour l’occasion, qui mettent sur pied ce bureau carougeois d’insertion professionnelle.

 

L’augmentation continue du niveau d’exigence des employeurs  ne fait pas peur à ces personnes, qui développent un lieu d’accueil sympathique et très professionnel. Les jeunes de 15 à 25 ans peuvent s’y rendre pour recevoir des informations spécifiques, des conseils et des soutiens dans leur recherche d’emploi, aide à la rédaction de Curriculum vitae, lettre de motivation, préparation à l’entretien d’embauche, etc.

 

En parallèle, elles cherchent des places de stage ou d’apprentissage, notamment dans les entreprises carougeoises.

 

Depuis toutes ces années, je suis toujours autant intéressée par la formation des jeunes. Mon métier d’enseignante dans une école professionnelle me fait côtoyer de nombreux jeunes passionnés par leur profession. C’est un plaisir sans cesse renouvelé que de voir les jeunes professionnels venir chercher leur CFC, tellement fiers d’avoir fini l’apprentissage.

 

L’année passée, le « Projet Emploi Jeunes » a déménagé dans de nouveaux locaux plus vastes. D’autres personnes sont venues apporter leur soutien. Mais les deux femmes du début de l’aventure sont toujours fidèles au poste. Elles ont fait d’une idée sur une motion, un vrai projet pour l’avenir.

 

Qu’elles en soient ici remerciées.

 

F. Kissling

 

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